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Guide

Régler le carburateur après un kit 70 cc : méthode et lecture de bougie

Après un kit 70 cc : rôle du gicleur principal, du ralenti, de l'aiguille, du pointeau et du starter, lecture de bougie et signes d'un mélange trop pauvre.

Mis à jour le 8 min de lecture

En bref

  • Un kit change les besoins du moteur : la carburation d'origine n'est plus adaptée et doit être revue.
  • Chaque circuit agit surtout sur une plage d'ouverture : ralenti, aiguille, gicleur principal. Le pointeau et le niveau de cuve conditionnent tout le reste.
  • Partez riche, ne changez qu'un réglage à la fois et notez tout. Un mélange trop pauvre peut faire serrer le moteur.
  • La couleur de la bougie aide à juger le mélange, mais une seule lecture ne suffit pas.
  • Les références de départ viennent de la notice du kit et du fabricant du carburateur : aucune taille de gicleur n'est universelle.

Un kit 70 cc modifie la quantité d’air aspirée par le moteur : le carburateur doit être réglé pour que le mélange air-essence reste correct. Ce guide explique le rôle de chaque réglage, la lecture de bougie et les signes qui doivent vous alerter, sans donner de tailles de gicleur, qui dépendent de votre configuration et de la notice.

Attention : risque de serrage. Un mélange trop pauvre fait chauffer le moteur et peut provoquer le serrage du piston. Partez toujours d’un réglage riche et appauvrissez par petites étapes. Au moindre doute, revenez au réglage précédent.

Pourquoi régler le carburateur après un kit

Le carburateur dose l’essence en fonction de l’air qui le traverse. Un kit de plus grosse cylindrée, un nouvel échappement ou une nouvelle admission changent ce débit d’air. Le réglage d’origine n’est donc plus adapté.

Le but du réglage est un mélange correct sur toute la plage d’utilisation. Trop d’essence, le mélange est riche : le moteur fonctionne mal mais reste en général protégé. Pas assez d’essence, le mélange est pauvre : le moteur chauffe et risque de serrer.

Commencez par la notice du kit. Elle peut conseiller un carburateur ou un réglage de départ. Si ce n’est pas le cas, demandez au fabricant ou au revendeur une base adaptée à votre configuration.

Ce qu’il faut vérifier avant de régler

Un réglage n’a de sens que sur un moteur sain. Avant de toucher aux gicleurs, vérifiez :

  • les prises d’air : pipe d’admission, joints, boîte à clapets, joints spi de vilebrequin. Une prise d’air appauvrit le mélange, quel que soit le réglage du carburateur ;
  • le filtre à air : propre et correctement monté ;
  • l’allumage et la bougie : bougie en bon état, du type préconisé par la notice ;
  • l’alimentation en essence : robinet, filtre et durite sans obstacle ;
  • l’échappement : sans fuite ni obstruction ;
  • le rodage : sur un kit neuf, suivez d’abord la procédure de rodage, avec un réglage prudent. Voir notre guide Roder un kit 70 cc.

Notez aussi le réglage actuel avant de commencer : référence des gicleurs, position du clip, nombre de tours de la vis. Vous pourrez toujours y revenir.

Les éléments du carburateur et leur rôle

Un carburateur de cyclo comporte plusieurs circuits. Chacun agit surtout sur une plage d’ouverture de la poignée, mais les plages se recouvrent : un réglage influence aussi ses voisins.

Le ralenti : vis de ralenti, vis de richesse et gicleur

Le circuit de ralenti alimente le moteur au ralenti et aux très petites ouvertures. Il comporte deux vis qu’il ne faut pas confondre, et un gicleur :

  • La vis de ralenti, aussi appelée vis de butée de boisseau. Elle règle uniquement le régime de ralenti, en limitant la fermeture du boisseau. Elle ne dose pas le mélange. C’est la vis que l’on touche le plus souvent.
  • La vis de richesse, ou vis de mélange, présente sur de nombreux carburateurs en plus de la vis de ralenti. Elle règle le mélange au ralenti. Selon le carburateur, elle agit sur l’air ou sur l’essence : le sens de réglage n’est donc pas le même d’un modèle à l’autre. Vérifiez dans la documentation de votre carburateur si visser enrichit ou appauvrit. Selon le modèle, elle peut aussi être absente.
  • Le gicleur de ralenti, qui fixe la base de la richesse de ce circuit. On le change lorsque la vis de richesse seule ne suffit plus.

Les deux réglages s’influencent : après avoir touché l’un, contrôlez l’autre.

L’aiguille et la position du clip

L’aiguille est fixée au boisseau et coulisse dans le puits d’aiguille. Elle agit surtout aux ouvertures intermédiaires, la plage la plus utilisée au quotidien.

Le clip fixe la hauteur de l’aiguille. Placé dans une gorge plus basse, il remonte l’aiguille : le mélange s’enrichit. Placé dans une gorge plus haute, il descend l’aiguille : le mélange s’appauvrit. Changez d’une seule gorge à la fois.

Le gicleur principal

Le gicleur principal limite le débit d’essence aux grandes ouvertures, jusqu’à plein gaz. Dans une même gamme de gicleurs, un numéro plus élevé laisse passer plus d’essence. Les numérotations diffèrent d’une marque de carburateur à l’autre : comparez uniquement des gicleurs de la même gamme.

Le pointeau et le niveau de cuve

Le pointeau, commandé par le flotteur, maintient un niveau d’essence constant dans la cuve. Ce niveau conditionne tous les autres réglages. Un pointeau qui fuit ou un flotteur mal réglé fausse l’ensemble : le moteur peut paraître trop riche ou trop pauvre sans qu’aucun gicleur soit en cause. Contrôlez ce point selon la documentation du carburateur avant d’affiner le reste.

Le starter

Le starter enrichit fortement le mélange pour le démarrage à froid. Il doit être complètement coupé une fois le moteur chaud. Un starter qui reste partiellement ouvert, par exemple à cause d’un câble mal réglé, donne tous les symptômes d’un mélange trop riche.

Une méthode prudente, étape par étape

Plusieurs méthodes existent. Une démarche répandue consiste à régler d’abord les grandes ouvertures, puis le ralenti, puis les ouvertures intermédiaires. Suivez en priorité l’ordre conseillé par le fabricant de votre kit ou de votre carburateur. Dans tous les cas, quelques règles s’appliquent :

  1. Partez riche. Commencez par le réglage conseillé par la notice, ou par un réglage nettement riche si vous n’en avez pas.
  2. Moteur chaud. Réglez toujours moteur à sa température de fonctionnement, starter coupé.
  3. Un seul changement à la fois. Si vous modifiez deux réglages en même temps, vous ne saurez pas lequel a eu un effet.
  4. Par petites étapes. Un cran de gicleur ou une gorge de clip à la fois, jamais plus.
  5. Observez après chaque changement. Comportement du moteur, puis aspect de la bougie.
  6. Notez tout. Réglage, conditions, résultat. Un carnet évite de tourner en rond.
  7. Revenez en arrière au moindre doute. Mieux vaut un moteur un peu riche qu’un moteur serré.

La température de l’air, l’altitude et l’humidité modifient aussi la carburation. Un réglage juste un jour peut ne plus l’être quand les conditions changent. Gardez une marge de sécurité côté riche.

Lire la bougie

La bougie montre comment se fait la combustion. Pour qu’elle reflète le réglage testé, lisez-la juste après un fonctionnement stable sur la plage que vous réglez. Coupez alors le moteur sans le laisser tourner au ralenti, puis déposez la bougie une fois en sécurité.

Aspect de la bougie Indication possible
Isolant de couleur brun clair à brun moyen, sec Mélange plutôt correct
Dépôts noirs, secs ou humides, encrassement Mélange plutôt riche, ou excès d’huile
Isolant blanc ou gris très clair Mélange plutôt pauvre : danger
Petites perles ou points brillants sur l’isolant ou l’électrode Surchauffe : arrêtez et enrichissez

Plusieurs limites sont à connaître :

  • une bougie neuve met du temps à prendre une couleur représentative ;
  • l’huile 2 temps et son dosage influencent l’aspect de la bougie ;
  • l’indice thermique de la bougie modifie sa couleur : utilisez celui préconisé par la notice ;
  • une seule lecture ne suffit pas : confirmez par le comportement du moteur.

Mélange trop riche ou trop pauvre : les signes

Signes d’un mélange trop riche

  • moteur qui manque de vivacité, qui « rame » ou qui hésite à monter dans les tours ;
  • fonctionnement irrégulier à haut régime, avec des ratés ;
  • fumée plus abondante que d’habitude ;
  • bougie noire qui s’encrasse vite ;
  • odeur d’essence marquée.

Signes d’un mélange trop pauvre

  • moteur qui chauffe plus que d’habitude ;
  • trous ou hésitations à l’accélération ;
  • moteur qui a du mal à redescendre dans les tours quand on relâche les gaz (vérifiez d’abord la vis de ralenti et l’absence de prise d’air, qui donnent le même symptôme) ;
  • régime de ralenti instable ou qui reste trop haut ;
  • moteur qui semble très vif, puis perd de la puissance d’un coup ;
  • cliquetis ;
  • bougie blanche ou gris très clair.

À retenir. Un moteur qui paraît soudain plus vif après un appauvrissement n’est pas forcément mieux réglé. C’est parfois le signe qu’il approche du serrage. Au moindre de ces symptômes, revenez au réglage plus riche précédent.

Si le moteur serre. Sur une boîte manuelle, débrayez immédiatement. Dans tous les cas, coupez les gaz puis le moteur et arrêtez-vous en sécurité. Ne redémarrez pas avant d’avoir trouvé la cause : contrôlez la bougie et, si besoin, le piston et le cylindre.

Quand demander de l’aide

Si les symptômes ne correspondent à aucun réglage, ou si le moteur chauffe malgré un réglage riche, cherchez ailleurs : prise d’air, allumage, échappement, montage du kit. Un préparateur ou le fabricant du kit peut vous conseiller à partir de votre configuration complète.

Pour le cadre légal d’un cyclomoteur préparé, lisez notre guide Débrider ou préparer un cyclo 50 cc : ce que dit la loi.

Outils et produits utiles

Le réglage se fait surtout par observation : une bougie de rechange du type préconisé, une clé à bougie pour la déposer souvent, de la lumière pour la lire et une huile 2 temps dosée selon la notice.

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